« Frenemy » : quand le rap devient un miroir sans complaisance

Avec Frenemy, le rappeur livre une œuvre dense, lucide et profondément ancrée dans la réalité de la rue. Le titre, issu de la contraction de friend et enemy, annonce d’emblée la couleur : il est question de loyauté fragile, de trahisons silencieuses et de relations ambiguës, dans un environnement où la confiance reste une denrée rare.

Dès les premières lignes, l’artiste impose une identité claire : chez lui, seule l’originalité et l’authenticité ont leur place. Son écriture, à la fois crue et réfléchie, témoigne d’une maturité artistique affirmée. Frenemy dépasse le simple cadre musical pour devenir un témoignage générationnel, dans lequel toute une génération peut se reconnaître et se dire fière.

Les punchlines frappent par leur force symbolique et leur sincérité :

« Lwayote disparèt tankou bouzen gran ri »

« Biznis mizik pa janm izi, li chaje gang ladan l »

« Lari a chaje kòd pou w pa desrespekte »

À travers ces lignes, l’artiste expose sans détour les réalités d’un milieu où l’opportunisme prend souvent le pas sur les valeurs, et où chaque faux pas peut être lourd de conséquences.

Dans Frenemy, le rappeur adopte aussi une posture de recul et de maîtrise :

« M ap kite yo goumen pou GOAT, m kanpe an chasè »

Il refuse les querelles stériles et les titres symboliques, préférant bâtir sa trajectoire avec patience et détermination. Cette attitude renforce l’image d’un artiste conscient de sa valeur et fidèle à sa vision.

Enfin, le morceau touche un point sensible avec des réflexions sur les relations déséquilibrées et l’illusion de l’argent :

« Gen moun ki pa menm nan panse m, poutan nan kè yo »

« Lajan k ap ba w pwazon nan baz la sòti nan bous ou »

Avec Frenemy, le rappeur confirme sa capacité à transformer le vécu en art. Un titre fort, sincère et percutant, qui rappelle que dans le rap comme dans la vie, l’ennemi porte parfois le visage de l’ami.

Laisser un commentaire